CULTURE TATOUAGE

Technique et procédure

Plusieurs techniques d’encrage peuvent être utilisées et cela à l’aide d’outils différents. Il existe des procédures dites traditionnelles. Tel que la suture utilisée par les Inuits en Antarctique. Cette technique utilise comme outil un fil de tendon de caribou imbibé de suit, que l’on va ensuite passer dans une aiguille. Le fil sera alors passé à travers la peau à de multiples reprises par points. Il existe également le tatouage par piqûre. Par exemple selon la tradition, les cultures tribales créent leurs tatouages à l’aide d’outils aiguisés. Le plus souvent fabriqués avec des os, ces outils sont affûtés en forme de peigne ou de poinçon. Les pointes du peigne sont ensuite trempées dans l’encre, puis le tatoueur vient le frapper avec un petit bâton afin de faire pénétrer les pointes dans la peau et d’y insérer l’encre. S’ajoute à ces44 méthodes, le tatouage par incision (aussi appelée la coupure). Cela consiste à inciser la peau puis à frotter la coupure avec de l’encre, des cendres, ou d’autres pigments. C’est une méthode pratiquée notamment par les Aïnous d’Hokkaido. Les Aïnous incisaient à l’aide d’un couteau en obsidienne (nommé makiri), ils frottaient ensuite la plaie avec de la suit ou de la cendre d’écorce de bouleau. Les tatoueurs peuvent avoir recours à des instruments manuels simples qu’ils ont créés. Au Japon, le tatouage traditionnel, aussi appelé Irezumi, se réalise à l’aide d’aiguilles fixées au bout d’un manche de bambou, à la manière d’un pinceau. Une fois les aiguilles imprégnées d’encre, le tatoueur les fait pénétrer dans la peau par un mouvement de va-et-vient45. Pour avoir de fines lignes on utilisera de une à trois aiguilles. Pour un rendu épais on peut aller jusqu’à une trentaine d’aiguilles. De manière générale, ces techniques de tatouage sont très douloureuses car les outils utilisés sont assez grossiers.

De nos jours, la méthode la plus répandue est d’introduire l’encre dans la peau avec un dermographe. C’est un appareil composé de fines aiguilles attachées à une barre au travers d’un canon électrique. Lorsqu’il est enclenché, les pointes se déplacent rapidement de haut en bas et permet l’insertion de l’encre entre le derme et l’épiderme46. Il existe plusieurs formes d’aiguilles : on trouve notamment les aiguilles liners, qui sont utilisées pour tracer les lignes et contours d’un tatouage, et les aiguilles magnums, utilisées pour faire le remplissage. Mais il existe aussi d’autres variantes en fonctions des besoins ou du résultat recherché par l’artiste et/ou le client. Toutes ces aiguilles existent dans différentes tailles et comprennent donc un nombre variable de pointes47.

Selon le type de tatouage (noir ou couleur), la quantité et la concentration d’encre utilisée est modifiée. Une encre noire diluée permet, par exemple, d’obtenir des nuances de gris afin de réaliser des dégradés. Les encres de couleurs sont, quant à elles, plus généralement mélangées pour créer d’autres nuances.

Quelle que soit la méthode employée, la pratique du tatouage reste quelque chose qui peut être difficile à supporter. Lors de la séance, le tatoué ressent généralement des sensations allant d’une simple gêne à une douleur aiguë selon sa sensibilité et selon l’endroit tatoué. De plus, ces sensations augmentent durant la séance, ce qui rend les tatouages de grandes tailles souvent pénibles à réaliser en une fois48,49. Les tatoueurs ne dépassent que rarement des séances de 8 heures, car l’endorphine diffusée par le corps afin de calmer la douleur n’agit pas plus longtemps. Les tatoueurs se consacrent en général à un client à la journée pour réaliser la pièce complète. Pour les grosses pièces les séances journalières peuvent aller jusqu’à 10 heures de tatouage, en fonction de la capacité de résistance du tatoué.

Pigments et solvants – Jeux d’encres de tatouage.
Le noir est produit avec des cristaux de magnétite ou de wustite, ou avec du carbone issu de la combustion de matières organiques (noir d’os (qui peut contenir du plomb qui s’accumule le plus dans l’os), carbone amorphe de combustion (suie pouvant contenir des traces de métaux indésirables et d’HAP dangereux (benzopyrène, benzo-anthracène, d’organochlorés, etc.) et autrefois traditionnellement à partir d’encre de Chine50.

Les couleurs sont produites avec des métaux (sels purs d’aluminium, antimoine, baryum, cadmium, cobalt, chrome, cuivre, fer, mercure, manganèse, nickel, plomb, strontium, titane vanadium) issus de l’industrie chimique, ou à partir d’une association polymétallique (avec par exemple le séléno-sulfure de cadmium ou le chromate de plomb, etc.)50, tous ces pigments pouvant ensuite être mélangés entre eux pour donner des nuances particuières, former des dégradés. Autrefois on utilisait divers pigments d’origine végétale. Le « jaune curcuma » l’est encore50. Certains de ces pigments sont très toxiques (plomb, cadmium, mercure, chrome…)50. Les producteurs d’encres pour tatoueurs utilisent aussi la malachite et des ferrocyanure ou des ferricyanures ou le Cu/Al phthalocyanines, plus ou moins toxiques50.
Des produits naturels réputés non toxiques peuvent être utilisés pour l’ocre (mélange d’argile et d’oxydes de fer).
Des « rouges de naphtol » sont synthétisés à partir de naphte, moins allergènes et moins toxiques que les autres rouges, mais pouvant néanmoins susciter des allergies50.

Les sels de métaux ou d’autres pigments sont des poudres. Ils doivent être mis en solution dans un solvant (en général, il s’agit d’eau déminéralisée avec des additifs tels que la glycérine ou de la listérine et de l’alcool pour la désinfection et la consistance)50.

Entraînement et formation
Les tatoueurs ont plusieurs possibilités pour s’entraîner aux tatouages sans pour autant prendre le risque de rater une pièce sur un de leurs clients. Il existe des kits de peau synthétique qui se rapprochent beaucoup de la texture de la peau humaine et permet un entraînement en toute sécurité avant de réaliser de vrais tatouages51, il est aussi possible de se former sur des oreilles de porcs car ceux-ci ont la peau qui se rapproche de celle de l’homme52. Cependant la véritable formation se fait avec l’expérience car le tatoueur doit s’habituer à la texture et aux réactions de la peau humaine.

Tatouages temporaires et semi-permanents
Les tatouages temporaires et semi-permanents sont réalisés de diverses manières. Ils sont dessinés, collés ou peints sur la surface de la peau dans la majorité des cas, hormis pour le tatouage semi-permanent qui est réalisé de manière similaire au tatouage permanent. Cette pratique n’est pas toujours bien acceptée par la communauté du tatouage, à cause de la contradiction entre le caractère permanent du « vrai » tatouage et celui plus éphémère du tatouage temporaire.

Tatouages au henné
Article détaillé : Tatouage au henné.
Les tatouages au henné sont faits avec du henné traditionnel ou du henné naturel, et non pas avec le henné noir qui est très dangereux pour la peau53. L’utilisation traditionnelle pratiquée dans les pays du Maghreb est nommé henné ; en Inde et au Pakistan, elle est désignée sous le nom de mehndī.

Tatouages auto-collants
À l’origine, les tatouages auto-collants ou décalcomanie sont des motifs publicitaires offerts dans des paquets de chewing-gum ou de friandises. Ils peuvent être facilement enlevés à l’eau ou en les frottant et sont rarement de bonne qualité. La qualité de ces tatouages s’est améliorée avec les années, permettant des motifs de plus en plus fins et détaillés. Actuellement, ils sont distribués dans de nombreux magasins et salons de cosmétiques et servent d’accessoires un peu à la manière d’un bijou. Depuis 2010, Chanel propose même à la vente un kit de tatouage temporaire, appelé « Les Trompes L’Œil de Chanel », dessiné pour leur défilé de mode printemps-été 2010 à Paris54. De plus, la chanteuse Beyoncé a posé pour sa ligne de prêt-à-porter en automne 2010 avec de nombreux tatouages éphémères créés par la société Temptu55.

En 2011, un nouveau type de tatouage temporaire fait son apparition, le tatouage dentaire56. Cette nouvelle mode issue du Japon consiste à fixer une petite décoration sur la dent à l’aide d’une colle séchée avec une lampe à DEL et qui peut être enlevé après quelques jours.

Maquillage permanent
Œil et sourcil de femme, avec tatouage figurant un maquillage permanent sur le sourcil.
Maquillage permanent sur le sourcil.
Le maquillage permanent est un tatouage esthétique dit « indélébile ». Les pigments s’altèrent, en réalité, après quelques mois ou années. Le procédé est le même que pour le tatouage classique, c’est-à-dire une injection de pigments sous l’épiderme. Il est généralement effectué pour marquer le tour des yeux ou des lèvres afin de faciliter le maquillage, ou encore pour redessiner les sourcils57.

Il est déconseillé d’utiliser les pigments permanents car avec la vieillesse, les sourcils, les yeux, la bouche se déforment et glissent vers le bas. À ce stade, le maquillage devrait en général s’effectuer autrement pour masquer le glissement. Avec le maquillage permanent, ces techniques sont limitées. Par ailleurs, lors des liftings du visage ou des réfections des paupières, ces traits de maquillage seraient très souvent déformés et deviendront inesthétiques.

De plus, lors d’un détatouage, le laser ne peut accéder efficacement au contour de l’eye-liner qui est situé trop près de l’œil. Le tatouage des lèvres s’efface également très difficilement58.

Tatouages semi-permanents
Le tatouage semi-permanent est effectué comme les tatouages traditionnels mais l’encre est insérée seulement dans l’épiderme et s’élimine naturellement avec le renouvellement de la peau. De plus, des encres dites « biodégradables » peuvent être utilisées afin de faciliter l’élimination des pigments. Ce type de tatouage s’estompe au bout de trois à cinq ans minimum. Dans certains cas, il peut prendre beaucoup plus de temps à disparaître, ou même rester partiellement indélébile59. Peu d’études scientifiques ont été faites à ce sujet mais il apparaît sur de nombreux sites et forums que ce genre de tatouages peut laisser des marques et des cicatrices permanentes. Il est donc conseillé de bien se renseigner auprès d’un dermatologue avant de faire un tel choix.

Méthodes d’effacement
Il existe deux moyens assez efficaces de faire disparaître un tatouage : soit le faire recouvrir par un nouveau tatouage, soit le faire retirer au laser chez un dermatologue disposant de l’équipement adéquat60. Dans les deux cas, les conséquences ou séquelles peuvent être importantes et le prix de l’intervention est souvent bien supérieur à celui du tatouage d’origine.

Le recouvrement implique nécessairement l’élargissement de la zone tatouée et les pigments renouvelés seront plus visibles qu’un tatouage ancien61, qui a pu, avec le temps, s’estomper sous l’action d’une exposition régulière au soleil ou d’abrasions de l’épiderme62. Cependant le recouvrement n’est pas toujours possible, notamment dans le cas de tatouages de style tribal. Les lignes noires de ce type de tatouage sont très difficiles, voire impossible, à recouvrir et la seule solution consiste à utiliser les traits existants pour créer un nouveau motif.

Le détatouage laser consiste à enlever le tatouage à l’aide d’un laser qui projette une lumière puissante durant un temps très court provoquant l’effet thermomécanique qui fait exploser les grains de couleur. Ce type de traitement demande des formations adéquates, faute de quoi il est possible d’endommager la peau de façon irréversible en créant des cicatrices. Le détatouage laser est la seule méthode qui permet de réellement effacer un tatouage, mais c’est une technique longue, douloureuse et coûteuse. Le résultat est parfois incomplet63. En France, la législation réserve l’usage des lasers médicaux aux médecins formés aux lasers, les médecins morphologues et anti-âge, les dermatologues et autres ayant une formation complémentaires aux lasers médicaux. Autrement, il est considéré comme un exercice illégal de la médecine60.

Santé et hygiène
Photo d’une séance de tatouage sur le bras gauche.
Séance de tatouage.
Le tatouage consistant à perforer la peau pour y introduire des agents colorants, chaque petite perforation crée une plaie susceptible de s’infecter et de transmettre une maladie via des bactéries ou des virus64.

De plus beaucoup de pigments sont toxiques voire très toxiques s’ils étaient inhalés ou ingérés. Comme pour les encres d’imprimerie, les émaux et pigments de verrerie alimentaire, les peintures murales ou scolaires et les jouets pour enfants et plus encore pour les colorants alimentaires, la législation tend à interdire les pigments métalliques ou organométalliques les plus toxiques, ce qui suscite des protestations de la part de certains tatoueurs car les rouges, jaunes et oranges les plus vifs et stables sont tous produits à partir de pigments toxiques et pour certains cancérigènes. Des incertitudes toxicologiques existent pour certains pigments : par exemple le dioxyde de titane était considéré comme très stable et neutre, et autorisé dans de nombreuses crèmes cosmétiques, mais il est aussi utilisé industriellement comme catalyseur, notamment quand il est exposé à la lumière50. En 2017, une étude menée à l’European Synchrotron Radiation Facility et publiée dans la revue Scientific Reports affirmait que les pigments issus des tatouages et d’autres molécules toxiques tendent à se cumuler dans les ganglions lymphatiques, provoquant de l’inflammation et d’autres effets négatifs lors des tatouages65,66.

Pour toutes ces raisons, le respect des règles essentielles d’hygiène sont nécessaires avant, pendant et après tout tatouage, de la part du tatoueur, et du tatoué.

Précautions préalables
Il est conseillé de ne pas consommer d’aspirine ou d’alcool durant les 24 heures précédant le tatouage. Ces produits fluidifient le sang et risquent d’augmenter les saignements lors du tatouage, ce qui peut gêner le tatoueur et favoriser des infections. De plus, certains groupes à risque doivent éviter de se tatouer62. Notamment les allergiques, les personnes sous traitements médicaux, alcooliques, toxicomanes, femmes enceintes, personnes atteintes d’hémophilie, du sida, d’hépatite B et C, de maladies cardiovasculaires, les personnes avec un stimulateur cardiaque (car il y a un risque d’interférence avec les ondes magnétiques du dermographe) ou touchées par des maladies de peau. Les zones touchées par des verrues, des grains de beauté ou riches en taches de rousseur doivent être évitées.

Précautions d’hygiène
Outre les indispensables lavages, désinfection des mains et le port de gants, le tatoueur possède des aiguilles steriles qu’il jette après chaque utilisation en plus de nettoyer consciencieusement son matériel à chaque utilisation, désinfecter les outils non stérilisables et le plan de travail67.Il est conseillé d’utiliser au maximum du matériel à usage unique (aiguilles, manchon, buses) et de protéger la machine et les câbles dans des protections plastiques jetables. Il doit également analyser la texture de l’épiderme du futur tatoué et la désinfecter minutieusement avant son acte. Le rasage de la zone est nécessaire pour éviter l’introduction de fragments de poils dans la peau.

Après l’intervention
Une fois l’intervention terminée, le tatoueur désinfecte la zone concernée à l’aide d’une solution antiseptique et applique de la pommade et un pansement ou du cellophane pour protéger l’épiderme et favoriser la cicatrisation. Il doit ensuite expliquer clairement au tatoué comment il doit continuer à nettoyer sa peau et entretenir son tatouage minutieusement pour éviter les infectionsNote 2.

La peau doit rester propre en permanence et grasse pendant la phase de cicatrisation qui dure environ quinze jours. Il faut rester vigilant en ne laissant aucun agent infectieux être en contact avec la plaie. Le nettoyage doit se faire au moyen d’eau tiède et de savon doux ou d’une solution antiseptique sans alcool. Une fois que la zone tatouée est propre, il faut appliquer une pommade cicatrisante adéquate (certaines peuvent être contre-indiquées pour ce type de plaie).

Il existe également une nouvelle méthode, inspirée des soins aux grands brûlés, nommée « cicatrisation en milieu humide » où le tatoueur posera un pansement respirant spécifique, qu’il faudra changer régulièrement selon les modalité fournies par le fabricant.

Il est conseillé de porter des vêtements en coton pendant la durée de la cicatrisation. Les bains, la piscine ou la mer sont à proscrire pendant 2 à 3 semaines, ainsi que le soleil ou les rayons UV pendant au moins un mois68. De nombreux tatoueurs déconseillent même d’exposer le tatouage au soleil durant la première année ou les premières années (si le tatouage couvre les parties exposées du corps, et que ce dernier est privé de soleil, une prescription de vitamine D est alors nécessaire).

Styles et pratiques
Outre la possibilité de réaliser des tatouages en noir et blanc ou en couleurs, il existe de nombreux styles et pratiques différents.

Styles
Cette liste n’est pas exhaustive. L’art du tatouage est en perpétuelle évolution et de nouveaux styles font régulièrement leur apparition.

Tribal : le tatouage de style tribal propose un graphisme en lignes épaisses, le plus souvent en noir ou plus rarement en dégradés de gris. Les motifs sont inspirés de symboles rituels primitifs ou représentent plus simplement des motifs abstraits. Ce style de tatouage est souvent réalisé sur l’épaule ou en bracelet autour du bras chez les hommes et dans le bas du dos chez les femmes.
Pointilliste ou Art du point (dot-art ou dot-work pour les Anglophones) : le graphisme du tatouage est réalisé partiellement ou intégralement à base de points, donnant ainsi des effets de matières inédites en tatouage. Ce style est largement inspiré du pointillisme utilisé dans la peinture impressionniste.
Réaliste : le style réaliste consiste à exécuter des motifs de la manière la plus réaliste qui soit, les plus réussis donnent même l’impression de voir de véritables photos. Les tatouages réalistes les plus courants sont les portraits.
Asiatique : le style asiatique s’inspire de l’art asiatique et utilise souvent des représentations de dragons, de poissons (plus particulièrement la carpe koï), de Bouddha, ou encore de kanjis. Le style de dessin est très proche des anciens dessins et estampes chinoises et japonaises. Par ailleurs, il faut différencier le style asiatique de l’Irezumi, ce dernier ne concerne que les tatouages de grande taille réalisés de manière traditionnelle.
Celtique : le tatouage celtique est constitué de motifs inspirés de l’art celtique (entrelacs et croix celtiques, créatures mythologiques, etc.). Il est le plus souvent en noir.
Polynésien : le tatouage de style polynésien est caractérisé par des motifs traditionnels issus de la culture polynésienne. Le tatouage est réalisé uniquement à l’encre noire et est composé de lignes courbes ou de représentations stylisées d’animaux (requin, tortue, lézard, etc.).
Old school ou « traditionnel » : les motifs old school sont exécutés selon les principes traditionnels occidentaux. Il est réalisé avec des contours épais, de fortes ombres noires et utilise des couleurs primaires vives. Les dessins sont souvent d’inspiration rock ‘n’ roll et reprennent des thèmes des années 1950 et 60. Des dessins de pin-up, de rose, de tigre, de cartes à jouer, d’hirondelles et de portraits ou encore des symboles militaires ou maritimes sont des exemples très répandus de ce style de tatouage.
New school : le style new school est une version modernisée du style old school. Les motifs sont toujours très colorés mais contiennent plus de dégradés, et sont d’inspiration plus moderne. Les lignes sont larges et marquées, et on y retrouve une inspiration proche de la bande-dessinées, des comics ou du manga.
Biomécanique : le tatouage de style biomécanique incorpore des composants mécaniques, organiques et biologiques. Il peut être réalisé de manière à donner l’impression que le motif se trouve sous la peau ou la déchire. C’est un style de tatouage largement présent dans la communauté cyberpunk et s’inspire largement de l’univers de la science-fiction.
Gothique : les motifs de style gothique sont d’inspiration gothique, macabre ou gore, ils sont très souvent réalisés en noir et dégradés de gris. On y retrouve beaucoup de représentations de monstres ou de créatures fantastiques, mais encore des démons, des crânes ou la faucheuse.
Abstrait : le tatouage abstrait n’est pas un style à proprement parler, il s’agit de motifs abstraits pouvant être réalisés dans n’importe quels styles. Par exemple de nombreux tatouages tribaux ou polynésiens sont des motifs abstraits.
Water Color : Le Water Color est une technique de tatouage réalisé dans un style aquarelle. Des couleurs vives généralement mélangées avec un effet de transparence souvent utilisé pour faire des fonds sur un motif plus réaliste69.
Lettrage : le tatouage lettrage consiste à se faire tatouer une phrase, un mot, une lettre. Il est très apprécié et populaire car il peut notamment représenter une citation, une histoire propre à chacun, rendre hommage à un être cher. Il peut être discret ou voyant, et être placé à n’importe quel endroit du corps. De plus, la diversité des polices de caractère est très grande, ce qui en fait un style très riche.

Tatouage de style tribal.

Tatouage de style asiatique.

Entrelacs celtiques.

Tatouage de style polynésien. (Artiste: Manu Farrarons).

Tatouage abstrait.

Tatouage de style old school.

Tatouage réaliste noir et gris

Tatouage symbolique représentant une couronne ornée d’un lettrage.

Tatouage facial

Pratiques
Flash : le tatouage flash consiste à réaliser un motif déjà dessiné par le tatoueur et présenté dans son artbooks ou dans un magazine sur le tatouage. En quelque sorte, il s’agit de tatouer un motif tel quel, sans modification du tatoueur.
Personnalisé ou « Custom » : le tatouage personnalisé est un tatouage sur-mesure. Le motif peut être conçu par le client ou en collaboration avec un artiste pour créer un tatouage unique et peut être réalisé dans n’importe quel style. C’est un style de tatouage très apprécié par les tatoueurs, car il permet un plus grand travail artistique et plus de liberté.
Tatouage UV ou « Blacklight » : cette pratique du tatouage consiste à insérer de l’encre réagissant à la lumière noire1. Il est conseillé de bien se renseigner sur les encres utilisées pour ce type de tatouage, car certaines ne respectent pas les réglementations en vigueur et peuvent causer des réactions allergiques.
Douleur(s)
Le tatouage est souvent associé à la douleur. Le processus de tatouage nécessitant la pénétration de la peau par plusieurs aiguilles, plusieurs fois par seconde et pendant parfois plusieurs heures, les tatouages sont souvent douloureux, à divers degrés. Certains endroits sont ainsi réputés particulièrement sensibles : le ventre, les côtes, le thorax, les articulations et les extrémités (riches en terminaisons nerveuses), alors que certaines zones vont être réputées plus supportables : côté des cuisses, bras, dos… Pour autant, la perception de la douleur peut grandement varier selon les individus, et un individu peut également ressentir des douleurs d’intensité variable suivant l’endroit du tatouage, la durée de la séance, mais aussi son état physique, émotionnel ou hormonal.

Certaines personnes appliquent une pommade anesthésiante avant le tatouage, la plupart des tatoueurs le déconseillent fortement, la pommade modifiant la texture de la peau, et pouvant altérer le résultat final.

Réglementation
Quelques pays européens commencent à disposer une réglementation dédiée au tatouage. En l’absence de réglementation, la clientèle doit le plus souvent s’en remettre au sérieux et à l’éthique de chaque professionnel, et/ou à l’affiliation de certains tatoueurs à des associations professionnelles, par exemple : L’United European Tattoo Artists70, le Syndicat national des artistes tatoueurs en France, l’Association suisse des tatoueurs professionnels en Suisse71 ou l’Association des Tatoueurs et Pierceurs Professionnels Wallons en Belgique72

La France dispose d’une réglementation sanitaire depuis 2008, définie par le décret no 2008-149 du 19 février 2008 qui fixe les conditions d’hygiène et de salubrité relatives aux pratiques du tatouage avec effraction cutanée et du perçage73, et modifie le code de la santé publique (dispositions réglementaires). Le décret impose que les activités de tatouage et « perçage corporel » soient déclarées en Préfecture74 et réalisées par des personnes ayant suivi une formation obligatoire à l’hygiène75.

Le matériel pénétrant la barrière cutanée ou entrant en contact avec la peau ou la muqueuse du client et les supports directs de ce matériel doivent être soit à usage unique et stériles, soit stérilisés avant chaque utilisation73. Le matériel jeté ainsi que les déchets produits sont assimilés aux DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) et doivent être éliminés selon les mêmes dispositions76. Les produits de tatouage sont clairement définis77 et doivent respecter des règles précises, définies par le décret no 2008-210 du 3 mars 2008 qui fixe les règles de fabrication, de conditionnement et d’importation des produits de tatouage78, et institue un système national de vigilance et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires). De plus, les locaux doivent comprendre une salle exclusivement réservée à la réalisation de ces techniques79.

Les tatoueurs et perceurs doivent informer leurs clients, avant l’acte, des risques auxquels ils s’exposent et, après la réalisation de ces techniques, des précautions à respecter. Cette information doit également être affichée de manière visible dans les studios80. Ils doivent aussi vérifier que leurs clients soient majeurs, car les tatouages et piercings sont interdits sur une personne mineure sans le consentement écrit d’un parent ou tuteur légal80.

Les professionnels qui ne respectent pas les différentes mesures exigées s’exposent à des contraventions de 5e classe, soit des amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros73.

Le 6 mars 2013, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie un arrêté « fixant la liste des substances qui ne peuvent pas entrer dans la composition des produits de tatouage », notamment 9 encres sur 10 utilisées dans les tatouages de couleur. Il sera appliqué à partir du 1er janvier 2014.